Pour nos retraites, toutes et tous ensemble en grève dès le 5 décembre ! Construisons la grève interprofessionnelle !

jeudi 10 octobre 2019
par  Sud éduc 34

Motion d’actualité du Conseil fédéral de SUD éducation des 26 et 27 septembre 2019

Pour nos retraites, toutes et tous ensemble en grève dès le 5 décembre ! Construisons la grève interprofessionnelle !

Après la réussite de la grève du 13 septembre à la RATP et l’appel de l’intersyndicale à une grève illimitée à partir du 5 décembre, cette date serait un point de départ pour une grève reconductible dans certains secteurs. Plusieurs organisations syndicales ont d’ores et déjà déposé un préavis de grève reconductible à partir de cette date. Dès maintenant et sans faire l’impasse sur des dates de mobilisation en novembre, SUD éducation appelle les personnels à se mettre en grève le 5 décembre et à mettre en débat dans les assemblées générales sa reconduction, dans l’objectif de construire un vaste mouvement interprofessionnel.

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Macron-Philippe mène son entreprise de destruction à un rythme soutenu. Dans l’éducation les réformes se sont succédées dans tous les degrés. Cette rentrée voit les réformes des lycées s’appliquer dans un ministère marqué par la grève inédite du Bac 2019. La loi Blanquer, dont SUD éducation revendique toujours l’abrogation, commence également à être appliquée. En dehors de l’Éducation nationale, le gouvernement n’est pas en reste.
Notamment, la loi « de Transformation de la Fonction Publique » du 6 août 2019 entraîne le remplacement des CT et des CHSCT par un organe unique, le “Comité social d’administration”, la diminution du rôle des CAP, le développement de la contractualisation (notamment avec les “CDD de chantier”).
Il convient de rester extrêmement vigilant car les conséquences de ces réformes n’ont pas fini de se faire sentir et dès les premiers jours de la rentrée les personnels en ont constaté les effets néfastes.

Dans ce contexte, SUD éducation continuera de soutenir et d’œuvrer à l’amplification des mobilisations des personnels contre ces réformes et de communiquer sur leurs effets. Notons que le ministre a reculé sur les EPSF suite à la mobilisation dans le premier degré.

Combattre le projet de réforme des retraites, porter notre projet de société

Les retraites constituent un enjeu interprofessionnel qui concerne l’ensemble de la population. Nous pouvons espérer construire une mobilisation qui dépasse les carcans catégoriels bien qu’il faudra la construire dans les secteurs en partant des situations sectorielles. À ce titre, les personnels de l’Éducation nationale vont payer un lourd tribut si cette réforme passe.
Les retraites touchent à de nombreuses questions qui nécessitent de mettre en avant notre projet de société. Dans ce cadre, nous porterons notamment dans nos interventions :
• la lutte contre la précarité : les carrières hachées et les bas salaires touchant des retraites largement amputées
• la lutte contre le sexisme : les femmes ont de nombreuses discontinuités dans leur carrière à cause de la précarité et de l’inégalité, dont la charge de l’éducation, qui repose d’abord sur elles. Leurs salaires sont en général plus bas. Comme la pension sera calculée sur toute la carrière, elles subiront une baisse de pension par rapport à la situation actuelle (qui la calcule sur le salaire ou les meilleurs années). À cela s’ajoute l’inquiétude sur les pensions de réversion alors que celles-ci permettent aujourd’hui de limiter l’écart de pension entre hommes et femmes.
• la solidarité intergénérationnelle contre le projet de société du gouvernement.

Après la réussite de la grève du 13 septembre à la RATP et l’appel de l’intersyndicale à une grève illimitée à partir du 5 décembre, cette date serait un point de départ pour une grève reconductible dans certains secteurs. Plusieurs organisations syndicales ont d’ores et déjà déposé un préavis de grève reconductible à partir de cette date.

Dès maintenant et sans faire l’impasse sur des dates de mobilisation en novembre, SUD éducation appelle les personnels à se mettre en grève le 5 décembre et à mettre en débat dans les assemblées générales sa reconduction, dans l’objectif de construire un vaste mouvement interprofessionnel.

Pour cela, SUD éducation entend :

• construire la mobilisation par des campagnes d’information, de sensibilisation
• réunir les forces syndicales et plus largement le mouvement social (associations, collectifs, gilets jaunes, etc.) pour gagner, tout en construisant une mobilisation unitaire partant des situations sectorielles
• rassembler une intersyndicale la plus large possible dans son secteur. Dans la perspective du 5 décembre, l’action intersyndicale ne doit pas qu’être “de papier” mais se déployer sur le terrain, par des heures d’information syndicale, des tournées syndicales communes.

Il s’agit de faire échec au projet du gouvernement et d’obtenir pour toutes et tous :
• un taux de remplacement à 75 % des dix meilleures années ou du dernier indice,
• une durée de cotisation de 37 ans et demi,
• pas de pension inférieure au smic,
• l’égalité entre les hommes et les femmes au travail comme dans la retraite,
• départ à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles, pas de recul sur les droits acquis.

De plus, l’Union syndicale Solidaires est engagée actuellement dans la campagne contre la privatisation d’ADP (Aéroports de Paris). La fédération SUD éducation s’impliquera dans cette campagne dans son secteur.

Enfin, la fédération SUD éducation soutient les grèves climat du vendredi (depuis mars 2019) et les mobilisations en faveur de la justice sociale et climatique en déposant des préavis de grève et en appelant à participer aux manifestations. SUD éducation revendique le droit de la jeunesse à faire grève et à manifester en France ! Partout dans le monde les étudiant-e-s, lycéen-ne-s et habitant-e-s se mobilisent pour des changements politiques majeurs, pourtant la France s’est illustrée en réprimant violemment les marches mondiales pour le climat. Cela s’ajoute aux nombreuses exactions policières, aux entraves au droit de manifester et aux condamnations de manifestant-e-s que nous dénonçons avec fermeté.


A partir du 5 décembre, imposons un autre avenir pour nos retraites, changeons le système

Déclaration du Comité national de Solidaires des 2 et 3 octobre

A partir du 5 décembre, imposons un autre avenir pour nos retraites, changeons le système

Sous un faux prétexte de simplifications, ce gouvernement tente de mettre en place la réforme des retraites avec un système à points. Il a pour objectif de nous faire travailler plus longtemps et de diminuer le montant des pensions. Nous ne sommes pas dupes du nouveau « grand débat » qui vise à monter les professions et les régimes les uns contre les autres pour, au final, tirer la totalité vers le bas. C’est ce message que nous allons porter au plus grand nombre dans les semaines qui viennent dans nos entreprises, nos services et auprès de la population.

Oui, les régimes actuels doivent être améliorés et c’est possible, et ceci doit se faire sans aucun recul de nos droits. C’est la question de la répartition des richesses qui est centrale, à l’heure où les distributions de dividendes et les exonérations de cotisation sociale battent encore des records. Pourquoi plafonner le pourcentage des richesses consacré aux retraites plutôt que plafonner les profits, les salaires des dirigeant-es ou vraiment lutter contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux ?

Solidaires revendique l’amélioration des régimes existants et l’abrogation des réformes régressives. Nous voulons pour toutes et tous un départ à taux plein à 60 ans et un départ anticipé pour l’ensemble des métiers pénibles à étendre, avec le maintien des droits professionnels. Nous voulons un taux de remplacement à 75% sur les derniers salaires. Aucune retraite ne doit être inférieure au SMIC. Nous ne voulons pas perdre notre vie à la gagner. Nous ne voulons pas d’une croissance économique qui profite aux grandes entreprises et aux riches tout en détruisant les conditions de travail et de vie des populations, les ressources, la biodiversité et le climat.

Retraites, salaires, protection sociale, conditions de travail, égalité femmes hommes, services publics ou climat, nous savons que nous pouvons faire céder ce gouvernement si nous nous mobilisons massivement et avec détermination. Nous devons nous servir des expériences de nos luttes passées pour construire cette mobilisation. Nous proposerons notamment d’organiser une grande journée de manifestation un week-end marquant ce début de mobilisation et ces convergences.

Nous pensons que c’est la grève reconductible qui nous fera gagner. Nous n’opposons pas cette perspective avec les mobilisations sectorielles et qui contribuent à gagner sur les revendications et faire monter ce rapport de force interprofessionnel.

Nous pensons que c’est l’unité et la convergence sur des bases collectives qui nous permettront de gagner, de créer un tous et toutes ensemble porteur d’espoir et d’un autre avenir, pour le monde du travail, pour la population et pour la planète.

L’Union syndicale Solidaires rejoint l’appel à la grève du 5 décembre initié par nos syndicats Solidaires groupe RATP et SUD Rail, pour la construire et l’étendre à l’ensemble de nos secteurs et territoires et de mettre en débat auprès des travailleuses et travailleurs sa reconduction le 6 et les jours qui suivront.

Nous proposerons le plus largement possible aux forces qui se battent pour la justice, sociale, fiscale ou écologiste de construire une mobilisation large dans laquelle nous porterons les un-es et les autres nos revendications.

Grève le 5 décembre et les jours qui suivront
Préparons-nous à rassembler nos colères